Pourquoi les femmes devraient arrêter de trimballer des sacs à main… et piquer les portefeuilles des hommes

woman drinking from bottle while standing near traffic

Chez Mary Bloody, on aime secouer les codes, surtout quand ils ont été écrits à coups de stéréotypes sexistes. On adore le rouge à lèvres qui déborde, les bottes qui claquent et les idées qui détonnent. Alors aujourd’hui, on a envie de parler d’un objet en apparence anodin, mais lourd de sens : le sac à main. Oui, ce prolongement de nous-mêmes qui, mine de rien, pèse plus lourd qu’un bébé de six mois. Et si c’était le symbole le plus concret – et le plus pesant – de la charge mentale féminine ? Pire encore : un accessoire qu’on ne remet jamais en question parce qu’on nous a toujours dit qu’il était “essentiel”. Spoiler alert : ce n’est pas vrai.


On a tout dans le sac. Littéralement.

Clés, mouchoirs, carnets, Doliprane, cartes de fidélité, rouges à lèvres, jouet d’enfant oublié, goûter de secours, serviette hygiénique, tickets de caisse du mois dernier, liste de courses, brosse à cheveux, bouteille d’eau, parapluie, téléphone, chargeur, chewing-gum… Le sac à main, c’est la caverne d’Ali Baba version « femme multitâche ». On y trouve tout, sauf de la légèreté.

Ce n’est pas un hasard si le sac à main est aussi souvent synonyme de « préparation » ou « prévenance ». Il faut qu’on pense à tout. Pour tout le monde. En permanence. Et ça, c’est une vraie extension de la charge mentale. On porte ce qu’on est censées gérer : les bobos, les imprévus, les besoins des autres. On anticipe. On materne. On traîne.

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Pendant ce temps-là, les hommes ? Un jeu de clés, une carte bleue, et hop, les mains dans les poches. Ils ont le luxe de ne rien porter, sauf parfois un portefeuille cuir, glissé discrètement dans leur veste ou leur jean. Élégant, fonctionnel, léger : trois mots qui ne décrivent jamais un sac à main.


L’enfer, c’est dans le fond du sac

Le sac à main, c’est aussi un labyrinthe sans fin. On plonge la main dedans comme si on allait pêcher un trésor… et on ressort avec un ticket de métro de 2018. Rien n’est à sa place. Tout y est, mais rien n’est accessible. Un peu comme notre emploi du temps de la semaine.

Et pourtant, on continue. Parce qu’on nous a appris que c’était “féminin”. Parce que les vêtements pour femmes n’ont pas de vraies poches. Parce que sans sac, on est « pas complètes ». C’est faux. Et c’est surtout injuste.


Et si on se libérait (aussi) de ça ?

Et si le vrai geste féministe, aujourd’hui, c’était de dire : non merci au sac ? De voyager plus léger. De ne garder que l’essentiel. De refuser de tout porter, tout anticiper, tout planifier. De dire : “je ne suis pas le sac à dos émotionnel et pratique de cette famille”.

Et là, un miracle : on découvre qu’on peut très bien vivre avec un petit accessoire qui tient dans la main. Une pochette. Un portefeuille. Quelque chose de réduit à nos vrais besoins, pas à toutes les projections qu’on attend de nous.

C’est simple, c’est libérateur, et ça change tout.

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Le portefeuille, cet objet politique

Oui, politique. Parce qu’il dit : je ne transporte pas toute la maison. Je n’assume pas toute la logistique. Je ne suis pas là pour prévoir, réparer, anticiper, combler. Je suis là pour exister.

Et si les hommes n’ont jamais eu besoin d’un sac à main, ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas parce qu’ils sont plus organisés. C’est parce que personne ne leur a demandé d’être des couteaux suisses vivants. Personne ne leur a dit : “Tu pourrais penser à prendre un pansement pour au cas où.”

Alors oui, piquons-leur leurs habitudes minimalistes. Piétinons les rayons sacs à main débordants d’injonctions. Et si on veut, portons un accessoire masculin, sobre, durable, comme un portefeuille. Parce qu’on n’a pas à prouver notre féminité en portant une bandoulière XXL. On peut même le choisir en cuir, solide et intemporel. Comme nos convictions.


Le style, c’est aussi le refus

Ce n’est pas un appel au boycott du sac à main. C’est une invitation à se poser la question : pourquoi est-ce qu’on le porte ? Par habitude ? Par pression sociale ? Par vraie utilité ? Si la réponse n’est pas claire, peut-être qu’il est temps d’envisager autre chose.

Notre style, nos accessoires, notre façon d’occuper l’espace public : tout ça parle de nous. Et aujourd’hui plus que jamais, on peut choisir de parler autrement.

Alors à toutes celles qui en ont marre de traîner le monde sur l’épaule : posez ce sac. Sentez comme c’est bon de marcher sans être déséquilibrée. Et peut-être, pour le plaisir, glissez votre carte d’identité et votre carte bleue dans un petit accessoire qui tient dans la paume. Ça tient du manifeste.

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